A priori, Maëlle n’est pas différente des autres jeunes filles de seize ans. Et pourtant, un jour, elle a tout plaqué pour aller faire le Djihad en Syrie et « donner un sens à sa vie ».

Dans un roman proche du témoignage, Patrick Bard retrace le parcours de Maëlle/Ayat et décrit les méthodes de Daesh pour embrigader des jeunes, mal dans leur peau, dans la société ou en quête d’absolu.

Patrick Bard, qui s’est énormément documenté pour écrire son roman, adopte un ton juste et choisit de nous faire entendre différentes voix : celle de Maëlle, mais aussi celle de tous ceux qui l’ont croisé : sa famille, son petit ami, une autre adolescente embrigadée, une éducatrice…

Écrit après les attentats contre Charlie Hebdo, ce livre n’apporte pas de réponses, pas de solution : il s’agit d’alerter, de montrer la rapidité d’une conversion, d’exposer les méthodes de propagande et de recrutement des organisations terroristes sur le Net et les réseaux sociaux, mais de dire aussi, que, comme pour Maëlle qui a réussi à rentrer,  «  le pire n’est jamais certain ».

Patrick Bard, Et mes yeux se sont fermés, Syros Jeunesse, 2016, 208 pages, 14,95 euros.