Pauvrophobie. Le terme a été créé par l’association ATD Quart Monde pour qualifier les comportements de rejet voire d’hostilité à l’égard des personnes en grande précarité sociale. Le phénomène se répand, en même temps que la misère elle-même, sans que grand monde ne s’en alarme. Avec les discriminations frappant au quotidien les plus démunis, fleurissent les stéréotypes qui les justifient : les pauvres sont des assistés, ils sont haineux et xénophobes, ils se gavent de télé-poubelle et d’une manière générale, ils consomment très mal. Un tel discours contamine jusqu’aux milieux militants de gauche qui reprochent souvent aux catégories populaires d’être dénuées de toute conscience écologique.

 

 

Dans ce petit essai iconoclaste, Paul Ariès, par ailleurs bien connu pour son plaidoyer en faveur d’une ‘sobriété heureuse’, démontre que les pauvres ont une bien meilleure empreinte écologique que les riches. Non seulement parce que leur pouvoir d’achat ne leur permet pas de dépenser autant (pour leurs loisirs, par exemple), mais aussi parce que leur culture, leur vision du monde, les prédisposent à respecter leur environnement. Loin des théories pessimistes qui réduisent les rêves des pauvres à l’imitation du mode de vie des élites, l’ouvrage de Paul Ariès redonne visibilité et dignité aux classes populaires en leur conférant un rôle d’acteur de tout premier plan dans l’indispensable transition écologique à engager.

 

Paul Ariès, Ecologie et cultures populaires. Les modes de vie populaires au secours de la planète, Paris, Utopia, 2015, 232 pages, 10 euros.

 

Paul Ariès sera présent à la MJC de Montmorillon, dans le cadre du salon du livre ‘off’, les vendredi 23 et samedi 24 juin 2017.