Le vendredi 8 décembre 2017, Lir’ambulant a invité Richard Wallner, éditeur d’ouvrages spécialisés et créateur d’un écolieu en Charente (« Au Petit colibri« ), à parler de permaculture, une approche originale et écologique de l’agriculture, certes, mais aussi une démarche éthique globale qui peut concerner de nombreux aspects de la vie quotidienne et sociale (habitat, santé, alimentation, éducation…).

La soirée, qui avait lieu à la mairie d’Adriers, salle du Conseil, a rassemblé une cinquantaine de personnes. Celles-ci ont pu visionner, pour commencer, un documentaire sur Sepp Holzer : ce paysan autrichien a conçu, dans les montagnes du Krameterhof, une ferme exceptionnelle qui a su développer au mieux les potentialités d’un milieu naturel pourtant difficile.

Dans la foulée, Richard Wallner a répondu avec précision, clarté et générosité aux nombreuses questions du public, portant sur des points tantôt généraux, tantôt très techniques. Ce fut pour lui l’occasion de rappeler que la permaculture n’est pas une méthode, un corpus de recettes prêtes à l’emploi, mais bien une démarche de conception dans laquelle la créativité de l’individu (en lien avec son environnement et ses besoins spécifiques) compte pour 80% de la réussite du projet. Il a également précisé que, dans le domaine agricole, la permaculture n’est pas en compétition avec d’autres approches comme la biodynamie ou l’agroécologie : elle a pour vocation, comme ces dernières, à respecter la vie du sol, la dignité et la diversité du vivant, pour produire des denrées saines. Elle se caractérise toutefois par un langage propre, fondé notamment sur une série de principes, définis par des auteurs pionniers comme les Australiens Bill Mollison et David Holmgren (« utiliser et valoriser la diversité », « stocker l’énergie », « ne pas produire de déchets », « chaque fonction est remplie par plusieurs éléments »,  « chaque élément doit avoir plusieurs fonctions »…), suffisamment généraux pour s’adapter aux configurations les plus diverses : les techniques, pour leur part, ne sont pas définies à l’avance mais puisées, selon les circonstances, dans le pot commun de l’humanité. A ce titre, la démarche permaculturelle se nourrit aussi d’un certain bon sens, celui qui guidait les paysans des sociétés traditionnelles, avant les ravages de l’agriculture chimique et industrielle. Elle n’est pas pour autant contre le progrès technologique, dès lors que celui-ci se met au service de son éthique humaine et écologique.

 

En évoquant ces différents points, Richard Wallner a offert une image attrayante et ouverte de la permaculture, à rebours des caricatures où on l’enferme parfois. Le public y a été sensible et Richard a pu prolonger la discussion après la séance publique mais aussi le lendemain matin, à la Boutique d’à côté, le magasin de producteurs de L’Isle-Jourdain, où il a présenté les ouvrages qu’il édite ainsi que son excellent « Manuel de culture sur buttes », publié chez Rustica.  Tous ces livres sont en vente ou à commander à Lir’ambulant.